L’impact des crises sur la politique internationale et le péril de guerres

Les amis de Beppe Grillo à Paris
Conférence du 24 janvier 2013
«L’impact des crises sur la politique internationale et le péril de guerres­­­»
Annie LACROIX-RIZ
http://www.youtube.com/watch?v=yw1jZEeEQdg&feature=youtu.be&t=47m22s

 

 

 

NOTES

3 crises systémiques : 1873, 1914, 1929

La crise de 1873 ressemble à la présente ! Pourquoi ?

En 1885, conférence de Berlin,  tentative de médiation entre puissances coloniales.
En 1914, le constat d’échec.

1914 – état de putréfaction du capitalisme (Lénine). Séparation de la production et de la rente.

La production matérielle se déplace vers les zones colonisées entrainant la déperdition du travail productif et de la classe ouvrière au sein du « Centre » (pays colonialistes).

Les puissances impériales se permettent alors de dépenser une partie du profit pour corrompre une petite partie de la classe ouvrière (aristocratie ouvrière) du « Centre ».

Ce qui intéresse le capitalisme, ce n’est pas la masse des valeurs produits, c’est le taux de profit.
A contrario, la propriété publique des biens de production n’a comme élément moteur que le développement de la masse de la plus-value produite, c’est-à-dire de la valeur supplémentaire créé par le travail.

1929 – Pourquoi la crise de 1929 survient-elle  si vite après la 1ère guerre mondiale ?
Parce que la destruction des forces productrices excédentaires a été insuffisante en 1914.

La résolution d’une crise du taux de profit, c’est-à-dire de l’appropriation privé des plus-values, ne peut se résoudre que par la destruction du capital excédentaire, du capital en trop par rapport à la capacité de l’économie réelle de fournir le profit attendu.

Depuis 1850 à aujourd’hui la part du travail vivant (valeur de la force de travail) par rapport au travail mort (moyens de production : machines, matières premières) n’a cessé de se réduire dans la fabrication des marchandises.

La question n’est pas de décrire la crise mais de savoir :

Pourquoi il y a-t-il des crises ?
Pourquoi sont-elles de plus en plus fréquentes ?
Pourquoi la surproduction du capital est de plus en plus énorme ?

Pourquoi est-il nécessaire de détruire de plus en plus de capital ? L’impérialisme n’est jamais sorti de la guerre ; les EUA n’ont jamais connu une année sans guerre depuis la fin de la 2ème guerre mondiale. Les Coréens ont compté pendant la Guerre de Corée 3 millions de morts et ont eu 80% de leurs villes détruites. Depuis des années des guerres sont menées au nom de la lutte contre le bolchevisme, ici ; là, contre le terrorisme.

La phase actuelle que nous connaissons depuis le tournant des années 60, la ressemblance de la crise actuelle avec  celle de 1860, montre que nous sommes passés à la phase où la crise est tellement profonde qu’il n’y a plus de distinguo aussi net entre la « Périphérie » et le « Centre ». Qui aurait pensé il y a 40 ans qu’il reviendrait le temps de la baisse nominal des salaires ?

La grande différence avec les crises précédentes est que la surproduction du capital est bien plus considérable.

La crise actuelle serait-elle différente ? Financière ? La difficulté de voir la ressemblance entre la crise actuelle et les précédentes vient de la chape de plomb idéologique qui est telle que l’on ne pose plus les bonnes questions. Que l’on a fini par croire qu’une crise c’est d’abord le financier. Non !
Toutes les crises du capitalisme ont démarré, ont explosé, par la voie financière.

1929 – Exemple : comment passe-t-on du plan Dawes * au plan de liquidation Young** (d’après le nom de l’agent de la banque Morgan, Owen Young) ?

Voir :     Le réarmement nazi financé par les banques américaines http://www.instantcube.com/discernement/rearmementnazi.html

Les plans Dawes et Young peuvent être considérés parmi les causes profondes de la seconde guerre mondiale.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Dawes

*plan Dawes (arrangement des réparations de guerre dues par l’Allemagne signé le 24 juillet 1924, à la suite du traité de Versailles de 1919)
** plan Young Young (Le plan Young est une seconde négociation du traité de Versailles (1919) permettant à l’Allemagne un paiement réduit, échelonné, modulé, et contrôlé des réparations. Il a été signé à Paris le 7 juin 1929 – succédant alors au plan Dawes – mais ne fut jamais réellement exécuté du fait des conséquences de la crise de 1929)

Ce qui n’est pas nouveau c’est que le tableau de l’économie mondialisée des années 1848 ressemble à celui d’aujourd’hui.

Les guerres mondiales sont des guerres où l’on procède à la destruction du capital, c’est-à-dire à la fois la destruction du capital constant, mort, mais aussi à la destruction massive des forces productives humaines.

C’est vrai de la Première Guerre Mondiale, 10 million de morts, mais aussi de la 2ème, entre 50 et 60 millions de morts.

Ça veut dire que si nous ne nous posons pas la question sur les motifs de ces guerres, savoir si le capitalisme est mortel, je ne sais pas si nous serons là encore dans dix ans. Mais nous n’aurons pas avancé vers la solution.

L’alternative est très simples, soit les classes dominées se débarrassent de la propriété privé des moyens de production soit le niveau de crise conduira le capitalisme à ce partager les marchés par la guerre.

Est-ce que le système va continuer à imprimer des billets de banque pour faire face à la crise ?

Est-ce que les populations seront capables de remettre en question l’appropriation privée des plus-values ?

Est-ce que les dirigeants de l’empire seront en mesure de supprimer les forces productives humaines et matérielles pour tenter de résoudre cette crise ?

 

 

 

 

levaurais.info@espace-citoyen.org